C’est un mensonge qui hurle et qui pleure

Une si belle fin de journée

La trilogie Del’Gado - Premier volet

de Dominique Delgado
Création de la version in situ chez Pascale Pilloni en 2003.
L’appartement, la villa, la maison, l’habitat, cellule protégée de la vie intime, le confort de vie. Tout public. 1H30

Une si belle fin de journée
Une si belle fin de journée © S.Pastor
Une si belle fin de journée. Chez nos hôtes

Ce premier volet met en scène un couple bien ordinaire aux confins de leur intimité. Leur univers physique se limite à l’intérieur de leur appartement.
Le couple Raoul-Pauline cherche à reconnaître dans le regard de l’autre sa véritable nature monstrueuse. C’est le prix à payer pour exister aux yeux du monde. Ils errent dans leur maison au sens propre et figuré.

La pièce de Dominique Delgado dégage une écriture de proximité, traversée par des personnages au caractère excessif et terriblement humain.
C’est une parole sur le grotesque et la cruauté du quotidien.

C’est aussi un acte militant comme le souhaitait l’auteur, car derrière le comique pitoyable des personnages, se profile une dangereuse idéologie xénophobe.

On rit de la mauvaise foi et du machisme de Raoul. On s’émeut de la crédulité et de la naïveté de Pauline. On s’interroge sur la présence mystérieuse de Simone. Le grotesque explose mais la farce quotidienne glisse peu à peu vers le drame social.

Dans le couple Pauline-Raoul, c’est une véritable guerre froide qui s’installe induite par des motivations différentes. On se prend, s’arrache, se donne le pouvoir. C’est un va et vient incessant. Une gymnastique épuisante. Ils ne seront jamais en accord, ou faussement. Leur amour finit de mourir par l’éclatement de la vérité et lègue la place à une monstrueuse union sacrée, au final. Raoul tente, en permanence, d’humilier et de rabaisser sa femme pour donner libre court à une évidente mauvaise foi. Mais, dans le même temps, il est rongé de l’intérieur par un terrible secret qui constitue la faille où Pauline, perplexe et aux aguets s’aventure afin de percer le mystère, et de prouver à son mari, au monde et à elle-même, qu’elle existe, qu’elle est utile quelle que soit l’idéologie à servir.

La quête de Simone, troisième personnage et révélatrice du drame, diffère un peu dans le sens où sa venue ostentatoire de l’extérieur représente notre intrusion dans le drame. Elle pénètre dans un monde où chiens et loups se disputent la parole et le pouvoir comme un morceau de viande, au nom d’une idéologie encore mystérieuse. Elle arrive dans l’antre du monstre. Pour subsister elle devra établir intuitivement une stratégie subtile, puis donner la place à une parole militante.

Les espaces comme écriture et la place du spectateur

Dans Une si belle fin de journée, le lieu est l’appartement, la maison, la villa. L’espace où des gens vivent. Nous réadaptons la mise en scène à chaque appartement pour le temps d’une soirée. Nous frottons avec l’intimité des habitants en calquant le récit de leurs vies sur celui de Raoul et Pauline, un couple ordinaire sans enfants. Chaque intérieur visité apporte de nouvelles couleurs. La proximité des spectateurs rend l’acte théâtral grisant, fort, intriguant, questionnant. Et la magie opère. Pauline utilise la cuisine, prépare un plat de lentilles. Raoul utilise la télé, le fauteuil, les volets. Simone, la visitante, utilise la sonnette d’entrée...


Distribution

Mise en scène Stephan Pastor
Avec Cathy Ruiz, Didier Dabrowski et Muriel Tschaen
Costumes Nadine Longuemare

Chargée de production Sophie Teyssonnier
Administrateur Denis fayollat

Partenaires

Une production Compagnie Pirenopolis
En partenariat avec le Théâtre Comoedia à Aubagne.

Dates effectuées

Joué dans 15 appartements/villas chez des particuliers.
Présenté in situ avec L’Epicerie à Marseille pour une série de représentations.