Le ciel commence juste au bord de la plage.

L’Uruguayen

de Copi

En création. Pour la maison-théâtre. Tout public à partir de 16 ans. 1h50

L’Uruguayen © C.Chave
L’Uruguayen © P.Laliard
L’uruguayen © Mairie de Vitrolles
L’Uruguayen © S.Pastor

C’est un texte à tiroirs truffé de codes à déchiffrer. La sensation qui s’en dégage est extrêmement vive, comme si de terribles secrets sous-jacents ne pouvaient être livrés que par le retournement des récits. De ce processus d’écriture naît un humour acerbe, corrosif et implacable. Il faut pouvoir délivrer le rire car une étrange amertume laissera sa marque dans les esprits.

C’est une lettre qui s’écrit dans la chair.

Lui, l’auteur, est en exil en Uruguay. Il adresse sa lettre à un certain « maître », visiblement resté en France. De son mentor, son amant ou son double, rien n’est dit. On peut pressentir que Copi s’adresse symboliquement à une autre part de lui même. Dans la réalité, il est lui même exilé en France lors de l’instauration des dictatures en Amérique latine. On peut ainsi imaginer qu’il crée un avatar immuable et intouchable, en voyage à Montevideo, au moment exactement concomitant de l’arrivée au pouvoir des militaires.

Sans dénonciation frontale, il nous parle de l’instinct maladif du besoin de propriété, de la folie déshumanisante face à une insécurité qui présage l’avènement d’une politique de l’effroi, de la censure qui coud les bouches des artistes, penseurs et journalistes ; de paysages post-apocalyptiques comme une anticipation de ce qui nous savons aujourd’hui de l’état de la terre, de la destruction des valeurs humaines remplacées par des conditionnements sociaux ; et de la force de survie portée par le poète lui même.

L’apparente absurdité du récit n’entache pas la vérité de ce qui est dit. Mieux vaut le prendre au sérieux car c’est à cette condition que la force et l’humour des situations révéleront la poétique du texte.
Tout est vrai, terrifiant et fou.
La présence de l’homme du récit est une provocation en soi car il navigue, flotte et survit au milieu d’un désastre social, politique, culturel et écologique. Il est témoin de l’abrutissement ambiant, de la résignation d’un peuple, mais aussi de son oppression, son massacre, son génocide. Il traverse tout cela.

Il est un poème planté dans la nature.

C’est Copi. C’est le poète, le fou, l’artiste ; le témoin impuissant de son époque qui inscrit sa voix par ce conte absurde, dans un monde qui l’est plus encore. Sa parole sculpte un désastre mental collectif qui quelquefois nous asservit. Dans le réel, il serait le maudit, celui qu’il faut enfermer, faire taire. Dans le conte, il est le survivant, le roi, le Robinson Crusoé d’un monde dévasté.

Mais le risque d’un certain effondrement n’est-il pas perceptible aujourd’hui ?
Nos vies qui continuent coûte que coûte à battre dans un avenir serré entre catastrophes écologiques, sociales et politiques ne font-elles pas de nous des fous en action, propulsés par une frénésie irréversible ?

Nous sommes fous et nous le savons.

Copi le perçoit et il le dit.
L’homme de ce texte pourrait être désincarné, une voix, une présence tenace, une voyance qui sonde son époque sans vaciller, droit comme un I, un passeur, une ombre, le témoin critique qui sera toujours là.

La voix de celui qui voit.

Les espaces comme écriture et la place du spectateur

Pour cette sixième création de la Compagnie Pirenopolis, à nouveau la maison-théâtre s’impose. L’énonciation fait se lever de nombreuses figures, de multiples paysages et atmosphères, mais tout émane de la tête d’un homme seul, peut-être incarcéré. Dans un étroit espace architecturé par quatre verticalités, l’homme parle et déroule une profusion d’images. Invente-t-il une fiction pour se maintenir en vie ? Les tâches utilitaires rythme sa présence comme sa voix : boire, manger, se laver, dormir, faire de l’exercice. Le théâtre comme abstraction ouvre l’espace des visions énoncées. Le son et la lumière deviennent deux partenaires cohabitants avec l’être parlant. La scène est le meilleur réceptacle de la réécriture corporelle de cette voix. Les images sont luxuriantes, les situations cruellement fantasques, il faut laisser l’imagination décoller de la parole.

Teaser l’uruguayen
images Agathe Dreyfus, montage Denis Fayollat


Distribution

Responsable artistique et jeu Stephan Pastor
Metteur en scène Christophe Chave
Créateur lumière et régisseur général Christophe Bruyas
Créateur sonore Julien Hô Kim

Directrice de production Sophie Teyssonnier
Administrateur Denis Fayollat

Remerciements à Philippe Laliard, Sébastien Ollivier et Emmanuel Vigier

Partenaires

Une production Compagnie Pirenopolis.

Création à La Passerelle, Scène nationale de Gap-Alpes du Sud à l’automne 2022.
Accompagnement et diffusion du Théâtre Antoine Vitez à Aix-en-Provence.
Diffusion au Théâtre du Briançonnais, scène conventionnée d’intérêt national-Art en Territoire.
Diffusion au Théâtre du Balcon Cie Serge Barbuscia Scène d’Avignon.
Diffusion au Théâtre de Pertuis.

Soutenu par

France Relance ministère de la culture

Accueil en résidence

Résidence à la Distillerie-lieu de création théâtrale.
Résidence à la Ferme de la Colle/ Gréoux-les-bains.
Soutien à la création dans le cadre d’une résidence du Théâtre Joliette - scène conventionnée art et création expressions et écritures contemporaines.
Résidence au Théâtre Fontblanche / Mairie de Vitrolles dans le cadre du dispositif Les Plateaux Solidaires Région Sud Provence Alpes Côte d’Azur et Arsud.
Résidence au Théâtre du Balcon/Cie Serge Barbuscia/Scène d’Avignon soutenue par France Relance.

Sorties de résidences en janvier 2021 à la Distillerie à Aubagne, février 2021 à la Salle de Lenche à Marseille, mars 2021 au Théâtre Fontblanche à Vitrolles.

Pour les premiers temps de travail, accueil au studio de la Cie L’entreprise à Marseille, la Distillerie à Aubagne et au studio du Théâtre Joliette à Marseille.

Dates effectuées
En création