Les créations

Présentation

Vieillir avec un spectacle est la plus belle chose que l’on puisse souhaiter à un artiste. Une œuvre dramatique se bonifie avec le temps. On n’en finit pas de creuser la question de la relation au public.
Avec le maintien d’un répertoire, le travail entre dans le détail de la rencontre. Il est des spectacles que l’on continue à aller voir avec nos enfants, nos petits enfants, nos amis, nos voisins. Quoi de plus beau que ce rare mouvement de transmission. (...)

L’Uruguayen

Les espaces comme écriture et la place du spectateur

Pour cette sixième création de la Compagnie Pirenopolis, à nouveau la maison-théâtre s’impose. L’énonciation fait se lever de nombreuses figures, de multiples paysages et atmosphères, mais tout émane de la tête d’un homme seul, peut-être incarcéré. Dans un étroit espace architecturé par quatre verticalités, l’homme parle et déroule une profusion d’images. Invente-t-il une fiction pour se maintenir en vie ? Les tâches utilitaires rythme sa présence comme sa voix : boire, manger, se laver, dormir, faire de l’exercice. Le théâtre comme abstraction ouvre l’espace des visions énoncées. Le son et la lumière deviennent deux partenaires cohabitants avec l’être parlant. La scène est le meilleur réceptacle de la réécriture corporelle de cette voix. Les images sont luxuriantes, les situations cruellement fantasques, il faut laisser l’imagination décoller de la parole.

Precieux(ses)

Les espaces comme écriture et la place du spectateur

Avec Précieux(ses) le Grand Bureau des Merveilles, il s’agit d’ouvrir les espaces de la manière la plus ludique qui soit, à la mesure de la frénétique verve de la langue de Molière. Nous inventons une télé-réalité in situ. Nous capturons un lieu, nous le travestissons en folie télévisée. Bien sûr c’est un leurre, nous n’aurons pas tout l’appareillage des plateaux télés. Mais le plaisir de s’y voir avec quatre projecteurs, une table, un écran et la frénésie du jeu, seul mobile assez vertigineux pour emporter le sujet dans le cœur des spectateurs, suffit à nous mettre en joie. Nous investissons tout espace et nous savons que cela fera sens : la maison-théâtre, la salle polyvalente, la maison de quartier, la résidence de luxe, le paquebot de croisière, l’amphithéâtre d’un collège, l’hôtel particulier, la maison de retraite... Le spectateur prend la valeur d’un téléspectateur assistant à la mise en abîme des personnages dans un lieu de vie factice.

La nuit de Domino

Les espaces comme écriture et la place du spectateur

Pour La nuit de Domino, nous revenons à la maison-théâtre. Domino est un être de plateau. C’est là qu’il vit. Pour être exact, Stephan, dont Domino est le double théâtral, est en vie au plateau. Sa parole devient exemplaire. Elle lui permet d’habiter encore un peu plus cet espace où un lit, un frigo et un tabouret témoignent d’une vie de couple passée. La mémoire d’un amour continue de se raconter en direct, face aux spectateurs qui prennent autant la valeur du disparu que celle de leur propre histoire. Domino est là, avec eux. C’est un délicieux mélange de relation qui s’invente pas à pas.

La trilogie Del’Gado

Une trilogie de l’errance.
Un projet in situ ambitieux. Le parfum serait celui d’un road movie théâtral ou les espaces jouent les premiers rôles. Avec les trois textes de Dominique Delgado et trois espaces in situ nous interrogeons le rapport entre des êtres et leur lieu de vie. Dans cette trilogie, la dégringolade sociale se traduit en trois étapes. La cellule du couple en appartement au bord de l’asphyxie, le sans domicile fixe sur les places publiques, les exilés de la ville en quête d’un (...)

Benedito

Les espaces comme écriture et la place du spectateur

Dans Bénédito drame sans parole, la maison-théâtre écrit la situation. Bénédito est enfermé. Il tient le lieu ; Il balaie, nettoie, mange, dort. Quand il veut s’échapper, les coulisses le ramènent toujours au-devant. La magie de l’objet théâtre est implacable. Les spectateurs sont témoins, le rapport est ouvert, ils sont libres d’empathie. Bénédito doit comprendre par lui-même que le théâtre n’est pas sa prison, mais un lieu d’apparition. Il connaîtra la liberté de devenir un poème inscrit dans les murs.